◊ Maxime Le Forestier

Éducation sentimentale

Ce soir à la brume
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les cœurs d’enfants
Pour toi, ma princesse
J’en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux

Demain à l’aurore
Nous irons encore
Glaner dans les champs
Cueillir des promesses
Des fleurs de tendresse
Et de sentiment
Et sur la colline
Dans les sauvagines
Tu te coucheras
Dans mes bras, ma brune
Eclairée de lune
Tu te donneras

C’est au crépuscule
Quand la libellule
S’endort au marais
Qu’il faudra, voisine
Quitter la colline
Et vite rentrer
Ne dis rien, ma brune
Pas même à la lune
Et moi, dans mon coin
J’irai solitaire
Je saurai me taire
Je ne dirai rien

Ce soir à la brume
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les cœurs d’enfants
Pour toi, ma princesse
J’en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux


Le silence

J’ voudrais l’ silence autour de nous,
Pas d’enfants dans la cour.
J’ voudrais qu’on dise aux gens :
« Y a des moments tout bleus
Chez les voisins d’en face. »

Quand on s’ra posés face à face,
Assis depuis deux jours
A s’ regarder les yeux,
J’ voudrais qu’un ange passe
Sur le pays entier.

J’ voudrais l’ silence profond,
J’ voudrais l’ silence total,
Comme une envie qui dort,
Silence de cathédrale
Quand les gens sont dehors.

Faudra dire à tous ceux qui pensent
D’arrêter les essais,
D’arrêter les cadences
Et puis qu’ les chiens d’ faïence
Arrêtent de s’ regarder.

J’ voudrais qu’on soit tout nus, tout seuls,
Figés comme ceux et celles
Qu’ont pris des manteaux d’ sel
Pour se faire un linceul
Mais nous on s’rait vibrants.

Frapper d’absence autour de nous
Ceux qui voulaient venir,
Déguisés en passants,
Déguisés en pensées,
Déguisés en souv’nirs.

J’ voudrais l’ silence au fond des foules,
Le repos des volcans,
Le son du temps qui coule,
L’odeur de fin des temps
Suspendus un instant.

Et les yeux dans les yeux
Enfin se mettre à rire.

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