● Pensée chinoise

Une autre culture…une autre vision

L’originalité de la pensée chinoise réside dans sa vision de synthèse du cosmos. L’être humain, en particulier, ne vit pas séparé du reste de l’univers, mais en harmonie avec lui. Du macrocosme au microcosme les mêmes lois régissent la vie et la mort et expriment le principe universel: le TAO.

Le TAO

Le tao (la voie) est à l’origine de toute chose (chaos primitif). Il est toujours en mouvement. Le taiji (faîte suprême) est le commencement du commencement lors du mouvement du tao. Le yin et le yang naissent du taiji :

« Le tao a donné naissance
à l’un, l’un à deux, le deux à trois
Le trois aux dix mille objets
qui portent le yin et embrassent le yang
Doivent leur harmonie à la fusion des deux »
Tao Te King Lao Tseu

Le YIN et Le YANG

Le yin : principe féminin, terre, obscur, repos, côté sombre de la montagne
Le yang : principe masculin, ciel, lumière, côté éclairé de la montagne
sont les deux faces d’un même ensemble.
Opposition et complémentarité, relativité et mouvement sont les caractères fondamentaux du yin/yang qu’il ne faut jamais perdre de vue quand on aborde leurs aspects spécifiques. Par exemple, le yang est chaud et le yin est froid, mais l’un par rapport à l’autre et non dans l’absolu. Ils illustrent le dynamisme des contraires.

« A l’origine le qi (souffle)
a commencé par se différencier
en un souffle pur et léger,
le yang, qui est monté et a fait le ciel,
et un souffle opaque et lourd,
le yin, qui est descendu et a fourni
la terre. Le propre du ciel
est d’être pur et mobile,
Celui de la terre est d’être opaque et stable. »

Le QI

La description la plus ancienne de la théorie du souffle (qi) se trouve dans le Huang Di nei jing : le livre de l’interne de l’empereur Huang Di ( 475 – 211 av. JC, période des royaumes combattants)

Tout au long du nei jing :
il est préconisé de cultiver le corps et l’esprit
pour obtenir  » le vrai souffle » ( énergie véritable : tcheng qi )
qui est la combinaison du « souffle originel » (énergie ancestrale :yuen qi )
et de l’énergie essentielle ( tsong qi ).
L’énergie essentielle est elle-même la réunion de yen qi, l’énergie de l’air,
et de kou qi, l’énergie des aliments.

La circulation de l’énergie véritable se fait à travers les jing luo : les méridiens d’acupuncture. Ces jing luo ne sont évidemment pas constitués de tissus organiques, ils sonts immatériels.

Les méridiens

Il existe douze méridiens principaux qui communiquent directement avec les organes et les entrailles.
Les méridiens en relation avec les organes ( zang ) et qui parcourent la face interne des membres sont yin. Ceux en relation avec les entrailles
( fu ) et parcourant la face externe des membres sont yang.
Les organes poumons, rate, coeur, rein, et foie sont yin.
Les entrailles gros intestin, estomac, intestin grêle, vessie, vésicule biliaire sont yang. Il existe six paires de relation de concordance entre l’extérieur et l’intérieur :

1. poumons > gros intestin
2. estomac > rate
3. coeur > intestin grêle
4. vessie > reins
5. péricarde > triple réchauffeur
6. vésicule biliaire > foie

Il existe deux méridiens dits de fonction : le triple réchauffeur, yin, lié aux trois foyers ( supérieur, moyen et inférieur) et le méridien du maître du coeur, le péricarde, yang, qui est en relation avec le coeur.

En commençant par le méridien des poumons de la main ( yin ), les méridiens se relient successivement les uns aux autres et finissent au méridien du foie du pied ( yin ).Le commencement et la fin se rejoignent, comme un cercle sans extrémité.

Il existe aussi huit méridiens curieux qui ont leur propre voie.
Deux des plus important sont le  » méridien gouverneur »(dumai) et le « méridien directeur »(renmai).
Le méridien gouverneur contrôle tous les méridiens yang
Le méridien directeur contrôle tous les méridiens yin.

La circulation de l’énergie interne dans les méridiens est un phénomène normal et naturel. Si les méridiens sont gênés, l’homme tombe malade. Les méthodes de Qi Gong( yang sheng) ont pour but de régulariser la circulation et le drainage des méridiens.

La théorie du yin et du yang ne fut pas la seule méthode dont les Chinois de l’antiquité disposaient pour interpréter le monde. Une autre conception émergea, selon laquelle chaque phénomène dans l’univers était considéré
comme une manifestation des cinq éléments (wuxing) :
le bois, le feu, la terre, le métal, l’eau.

WUXING

Le concept des cinq éléments fut rapidement intégré à la théorie du yin et du yang. Les cinq éléments sont associés aux saisons, couleurs, saveurs, sentiments, climats, organes. Le cycle d’engendrement montre le processus perpétuel du mouvement universel.

 » le bois alimente le feu, les cendres
laissées par le feu nourrissent la terre,
la terre abrite le métal,
l’eau se condense sur le métal
et l’eau hydrate le bois. »

Il existe aussi le cycle de soumission qui complète le cycle d’engendrement. Il ne s’agit pas d’un mauvais cycle mais d’une autre loi qui régit les intéractions entre les éléments.

 » Le bois domine la terre
La terre domine l’eau
L’eau domine le feu
Le feu domine métal
Le métal domine le bois. »

C’est ainsi que les lois d’acupuncture, de l’alimentation, du psychisme, entre autres, se réfèrent toujours à l’interdépendance des organes définie par ces deux cycles.

Les arts martiaux internes ( nei gong ) : Tai ji quan, Xing yi quan, ba gua zhuang, yi quan ont comme base cette vision de l’homme. Ils entraînent le corps et l’esprit pour être en symbiose avec ces théories.

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