◊ La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO)

Définition
Ensemble de maladies pulmonaires se caractérisant par une gêne à l’inspiration (pénétration de l’air dans les poumons) et souvent à l’expiration (expulsion de l’air des poumons) due à une atteinte des bronches et des poumons en général.

La bronchopneumopathie obstructive se définit de façon générale par une résistance au passage de l’air dans les voies aériennes. Cette gêne est due à la diminution permanente ou passagère du calibre des bronchioles (bronchioloconstriction).

La bronchopneumopathie chronique obstructive est le résultat d’une inflammation qui s’installe progressivement au niveau de la muqueuse recouvrant l’intérieur d’un appareil pulmonaire, entraînant une gêne à l’écoulement du flux aérien. Cette inflammation, qui se rencontre de plus en plus fréquemment, est due non seulement à la pollution atmosphérique mais également au tabac et aux particules nocives que chacun inhale sans s’en apercevoir. Ainsi, le diagnostic de bronchopneumopathie devrait être porté de plus en plus fréquemment. Actuellement, cette pathologie occupe la 5ème place en terme de mortalité mondiale. Ce sont essentiellement les pays industrialisés qui paient le plus lourd tribut à cette pathologie, mais les pays en voie de développement ne sont pas non plus à l’abri à cause de l’impact de plus en plus important de la consommation de tabac.

Physiologie
Les bronchioles sont les ramifications les plus fines des bronches qui elles-mêmes correspondent à chacun des conduits aériens issus de la division de la trachée en deux, et chacune de leurs ramifications.Les pneumopathies rentrant dans le cadre des bronchopneumopathies chroniques obstructives sont :
L’asthme : cette pathologie se caractérise par l’inflammation des voies aériennes dont la caractéristique majeure est la présence de sibilants (sorte de sifflements à l’auscultation du patient) et la réversibilité spontanée sous l’effet du traitement antiasthmatique.
La bronchite chronique se caractérise par une toux chronique associée à des crachats pendant au moins 3 mois pendant des années successives, à condition que d’autres causes aient été exclues (infection, cancer du poumon, insuffisance cardiaque).
L’emphysème : il s’agit d’une atteinte chronique des poumons (de survenue progressive) se caractérisant par une destruction des alvéoles pulmonaires, ce qui entraîne une distension des parois alvéolaires.
La bronchopneumopathie chronique obstructive est en voie d’extension. Ceci est dû à l’allongement de la vie, au tabagisme dans les pays en voie de développement, à la pollution atmosphérique. D’autre part, ce type de pathologie concerne maintenant également les femmes et quelquefois même les non-fumeurs. Il semble important, devant un patient présentant une expectoration (expulsion des glaires par la bouche) et une dyspnée chronique (essoufflement qui s’étend dans le temps), d’envisager de poser le diagnostic de bronchopneumopathie chronique obstructive et de proposer au patient une spirométrie de façon à permettre un traitement rapide avant l’installation d’éventuels troubles respiratoires graves.

Symptômes
La toux est généralement un des premiers signes de la bronchopneumopathie obstructive. Au début, elle est intermittente puis devient de plus en plus fréquente. Néanmoins, elle est rarement présente la nuit.ExpectorationDyspnée qui entraîne quelquefois des accès d’anxiété.Présence de sibilants : sifflements ou bruits de ronflement plus aigus, provenant des bronches et qui sont entendus lors de l’auscultation du patient, plus particulièrement lors d’une crise d’asthme. L’absence de ce signe à l’auscultation n’exclut pas la bronchopneumopathie chronique obstructive.Antécédents d’exposition à des facteurs de risque.

Examen médical
La spirométrie est le 1er examen pratiqué lors des EFR (explorations fonctionnelles respiratoires) et qui permet de suivre l’évolution d’une maladie pulmonaire ainsi que les effets des médicaments sur cette maladie. Elle est également pratiquée dans le cadre d’un bilan avant une opération (bilan préopératoire) afin d’évaluer les risques de complications survenant après l’opération (postopératoires). Cet examen consiste à faire respirer le malade par la bouche alors que le nez est pincé. On demande au patient de respirer de différentes manières : normalement, en inspirant fortement (remplir ses poumons d’air) et en expirant fortement (vider l’air des poumons).Les gaz du sang (dosage de l’oxygène et du gaz carbonique dans le sang) ne sont recommandés que lorsque le volume expiratoire maximum (VEMS) par seconde est inférieur à 40 % du volume théorique ou quand il existe des signes d’insuffisance respiratoire ou d’insuffisance cardiaque important.Le dosage de l’alpha 1 antitrypsine n’est réalisé que lorsque la bronchopneumopathie chronique obstructive survient avant 45 ans chez un individu présentant des antécédents familiaux. Elle permet d’envisager un dépistage et donc une prévention. Il s’agit d’une variété de protéine présente en quantité inférieure à la normale dans certaines maladies. L’alpha 1 antitrypsinre est élaborée par le foie et présente dans le sang. Son rôle consiste à inhiber l’action de certaines enzymes, en particulier la trypsine. La trypsine est une enzyme fabriquée par le pancréas qui intervient dans la digestion des aliments, en transformant certaines substances (albumine) assimilées lors de la digestion des aliments. En quantité suffisante, elle empêche l’action d’une autre enzyme, l’élastase, qui détruit le tissu pulmonaire.

Evolution de la maladie
L’évaluation du degré de sévérité de la maladie se fait grâce aux symptômes précédemment décrits, aux antécédents du patient et à d’autres signes respiratoires et cardio-vasculaires comme une insuffisance cardiaque (insuffisance de fonctionnement de la pompe cardiaque).Les tests aux corticoïdes vont permettre de reconnaître les patients qui répondent à un traitement contenant de la cortisone pendant une longue période, c’est-à-dire environ 6 semaines à 3 mois. Ces médicaments peuvent permettent d’augmenter d’environ 15 % le volume expiratoire maximum par seconde (V. E. M. S.) de 200 ml par rapport au départ.Il est nécessaire de prévenir le patient d’une possible aggravation de cette pathologie malgré le traitement. En effet, la bronchopneumopathie chronique obstructive est une maladie progressive à l’origine d’une détérioration de la fonction pulmonaire.

Traitement
Les bronchodilatateurs (médicaments permettant l’ouverture du calibre des bronches) et plus particulièrement les bêta 2-agonistes, les anticholinergiques, les méthylxanthines permettent de soulager les patients et de réduire les symptômes de la bronchopneumopathie chronique obstructive.Le salmétérol, les bêta2-mimétiques de longue durée d’action 2 fois par jour améliorent l’état général du patient.L’apratropium inhalé (respiré) améliore également l’état du patient.Certains thérapeutes préconisent encore la théophylline mais elle présente de nombreux effets secondaires, en tout cas plus que les bronchodilatateurs cités ci-dessus.L’association d’un bêta 2 agoniste avec l’apratropium entraîne une amélioration plus prolongée que l’administration séparée des deux médicaments. L’association d’un bêta 2 agoniste et d’un anticholinergique et de la théophylline également.Les corticoïdes (cortisone) inhalés ne doivent être employés que s’ils ont prouvé leur efficacité pendant la spirométrie. De façon générale, un traitement au long cours par corticoïdes inhalés n’est pas recommandé.

Prévention
Arrêt du tabac.Diminution des molécules polluantes (poussières, atmosphère de ville).La vaccination contre la grippe semble diminuer le nombre de décès.Les antibiotiques ne sont pas recommandés en dehors d’un épisode d’infection.Des médicaments contenant des mucolytiques (molécules destinées à fragmenter le mucus (glaire) n’apportent pas une nette amélioration.L’utilisation des antioxydants (N. Acétylcystéine) n’est pas suffisamment documentée.Les antitussifs ne sont pas recommandés.

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