◊ Art cuivré

art et cuivre, une tradition africaine

Personnellement j’adore ces tableaux en cuivre. Le travail minutieux y est surprenant et c’est de toute beauté. Quand on passe du temps à regarder ces tableaux en 3D, on découvre des détails nouveaux chaque fois. Et le jeu des couleurs est merveilleux.

La technique de la fonte à la cire perdue en Afrique a servi à produire la plupart des pièces couramment appelées « bronzes ». On la retrouve dans presque tous les royaumes côtiers, du Libéria au Congo.

Origines de la technique: Les informations aujourd’hui disponibles ne permettent de connaître ni l’époque, ni l’origine, ni les conditions de la découverte des différentes techniques du travail du cuivre.

Différentes hypothèses ont été avancées pour l’Afrique Occidentale. Pour certains diffusionnistes, l’Egypte et la Nubie auraient été les premiers intermédiaires pour transférer les techniques élémentaires du travail du cuivre, le grillage et le martelage en particulier, de la basse Egypte ou de la Nubie vers les pays du Sahel. Les pays du Maghreb auraient ensuite pris le relais.

Une autre hypothèse, défendue par Lhote et Diop voudrait que les Africains aient découvert d’eux-mêmes les techniques simples de transformation du cuivre et des métaux cuivreux.

L’état de la documentation aujourd’hui laisse penser que la technique de la fonte à la cire perdue a été introduite du Maghreb. On en retrouverait des preuves dans les vestiges de Tegdaoust en Mauritanie datant du IXème siècle, tandis qu’au Mali et dans la vallée du Sénégal, les pièces dateraient du Xème siècle après J.C. Les œuvres très élaborées d’Igbo-Ukwu dans le delta inférieur du fleuve Niger datent du IXème siècle : elles viennent troubler cette hypothèse, aucune preuve n’étant faite des contacts de cette région avec l’islam et les pays du Sahel. Au sud de l’équateur, les connaissances sont encore moins précises, et aucune découverte ne permet de remonter au delà du XVIIIème siècle.

En Afrique centrale et australe, il y a un plus grand nombre de gisements : au Congo, en RDC, en Angola, au Zimbabwe, en Afrique du Sud, en Namibie. Leur exploitation ne remonte pas au delà du Ier millénaire après J.C. Des témoignages historiques attestent de l’utilisation de certaines de ces mines. Pour le Congo par exemple, Filippo Pigafetta dans sa « Description du royaume de Congo et des contrées environnantes » signale l’existence de haut fourneaux utilisés pour la fusion du cuivre, tandis que Olfert Dapper, dans sa « Description de l’Afrique » (1686) signale l’existence des mines de l’Angola. Les alliages cuivreux étaient fort valorisés en Afrique noire. Dans beaucoup de cas, ils se substituaient à l’or dont ils avaient approximativement la couleur. La complexité du procédé témoigne de la maîtrise des fondeurs africains. On comprend alors que dans la plupart des cultures, l’opération soit considérée comme « magique », réservée à quelques spécialistes constitués souvent en corps de métier pour préserver le secret du métier. On demandait parfois pour son succès l’assistance d’un maître de l’occulte, le sorcier par exemple.

Les étapes de la transformation

La réalisation du moule. La production d’un « bronze » résulte d’un long processus. L’artiste modèle d’abord un noyau d’argile ayant grosso modo la forme finale de l’objet. En général, il recouvre cette « âme d’argile » de cire ou, lorsque cette dernière fait défaut, d’une substance de nature similaire, capable d’être consumée par le métal en fusion.Le revêtement de cire est plus travaillé que l’ »âme » d’argile : c’est lui qui possède la forme réelle de l’objet. Pour empêcher les mouvements du noyau, on y enfonce des chevilles de fer qui dépassent. La mise au point des « tuyaux » de conduction du métal en fusion. Pour permettre la coulée du métal en fusion dans le moule, diverses techniques ont été utilisées : les atelier d’Ifè réalisaient des « chenaux de coulée » pour le métal et des « baguettes de coulée » pour évacuer l’air déplacé par le métal en fusion. Avant on aménageait une ouverture pour y verser le métal qui se répandait dans l’espace occupé par le modèle de cire. Les chenaux étaient à nouveau recouverts de plusieurs couches successives d’une argile plus épaisse. La pièce devient ainsi une gangue autour d’une masse de cire et surtout d’argile. On laisse alors le moule sécher puis on le met au feu pour faire fondre la cire. La coulée du métal et la finition. Le métal en fusion est ensuite versé délicatement dans le moule chaud. Du soin mis à verser le métal dépend la finition de la pièce. Les bulles d’air ne doivent pas être emprisonnées et les chenaux doivent être pleins de façon à permettre au métal d’occuper tout le vide. On laisse ensuite le moule refroidir puis on le casse. Il libère une pièce qui porte encore des excroissances à supprimer avant le polissage qui donne son aspect définitif à l’objet créé.

Autres techniques. Des techniques autres que la fonte ont été utilisées pour travailler les alliages cuivreux : le martelage à froid, le découpage en ruban et la gravure au burin, le tréfilage qui consiste à étirer le lingot de cuivre pour en faire un fil.

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