◊ Capteur de rêves, bâton de la parole, tipi montagnais

The dream catcher

Le capteur de rêves emprisonne les mauvais rêves pendant que les bons rêves passent au travers du filet. Les mauvais rêves sont prisonniers des fils entremêlés et se logent dans les petites boules qui ornent le filet. Dès que le soleil se lève, ils sont brûlés par les premiers rayons. Les bons rêves se faufilent et descendent par les lanières. Ils sont distribués à la personne qui dort quand ils tombent par les plumes.
La légende du capteur de rêves

Une araignée était tranquillement entrain de tisser sa toile. Ca se passait dans l’espace endormi de Nokimis, la grand-mère. Chaque jour, Nokomis regardait l’araignée au travail, tisser sa toile sans s’arrêter. Un jour comme elle le regardait, son petit-fils entra.Nokomis-iya! Cria t-il, en regardant l’araignée. Il enjamba l’araignée, prit une chaussure et alla la frapper. « No-keegwa, » murmura la vieille femme, « Ne lui fais pas de mal. » « Nokomis, pourquoi protèges-tu l’araignée? » demanda le petit garçon. La vieille femme sourit mais ne lui répondit pas. Quand le petit garçon partit, l’araignée alla voir la vieille femme et la remercia de lui avoir sauver la vie. Elle lui dit:  » Durant plusieurs jours tu m’as regardée filer et tisser ma toile. Tu as admiré mon travail. Je vais te faire un cadeau parce que tu as sauvé ma vie. Il lui fit un sourire qui lui ressemble si bien, filant tout en partant. La lune brilla bientôt sur la toile d’argent magique se déplaçant lentement sur la fenêtre. « As tu vu comment je file? » Dit-il.  » Regarde et apprends, parce que chaque toile emprisonnera les mauvais rêves. Seuls les bons rêves passeront à travers le petit trou. C’est mon cadeau pour toi. Utilise le pour qu’on se souvienne des bons rêves. Les mauvais rêves seront irrémédiablement emprisonnés dans la toile.

Le bâton de la parole amérindien

Le bâton de la parole est un symbole «de l’harmonie et du partage au sein des communautés autochtones.»

Le bâton de parole, utilisé à l’intérieur du cercle cérémonial pour donner la parole à chacun. La personne qui le tenait pouvait s’exprimer et, lorsqu’elle avait terminé, elle le passait à son voisin de gauche qui s’exprimait à son tour. Garni de pierres, de poils et d’ossements d’animaux, le bâton de parole puisait son pouvoir dans la combinaison de ces divers éléments.

Un tipi montagnais

Un brin d’histoire

Les Montagnais forment la nation autochtone la plus populeuse du Québec. Avant la colonisation, ils occupaient un immense territoire longeant la Côte-Nord et le Saguenay, englobant les terres jusqu’à la hauteur de Schefferville. Selon des témoignages issus de la tradition orale, les Montagnais côtoyaient les Inuit de façon plus ou moins harmonieuse jusqu’à ce que ces derniers se replient au nord, en 1760. Au XVe siècle, les Montagnais ont établi les premiers contacts avec des baleiniers et des morutiers européens venus pêcher sur les côtes et établir des campements temporaires.
Très tôt, ils nouèrent avec les Européens des relations basées sur le commerce des fourrures, ce qui les amenèrent à modifier leur mode de vie traditionnel nomade pour s’adonner quasi exclusivement au piégeage des animaux à fourrure. La tradition orale montagnaise conserve de nombreux détails sur cette période. On raconte par exemple que les Montagnais et les Français avaient conclu une entente permettant à ces derniers d’occuper certaines terres en échange de farine, afin de prémunir les Montagnais contre les famines chroniques. Ainsi, dans les récits, il est souvent question l’époque pré-farine.
À l’époque pré-farine, les Montagnais pratiquent une économie de subsistance tirée des ressources fauniques abondantes. Ils utilisent les peaux et les os pour se confectionner des vêtements et des armes. Ë l’époque pré-farine, ils échangent leurs pelleteries contre du saindoux, du thé, du beurre, de la toile et des armes à feu. Le clergé a tôt fait de s’établir à proximité des postes de traite pour agrandir la famille chrétienne. Dès 1632, les jésuites ouvrent leur première mission chez les Montagnais. Ë la fin du XVIIIe siècle, la Compagnie de la Baie d’Hudson exploite plusieurs postes de traite en territoire montagnais.
Au cours du XIXe siècle, l’exploitation forestière supplante le commerce des fourrures. Cette nouvelle activité, combinée au peuplement de la vallée du Saint-Laurent, dépossède les Montagnais de nombreux territoires de chasse. Ils se replient alors vers le nord de leur territoire mais en vain, car la colonisation les rejoint bientôt jusqu’au lac Saint-Jean.
C’est à cette époque que le gouvernement canadien crée les premiers villages: Mashteuiatsh, Les Escoumins et Betsiamites. Au début du présent siècle, l’exploitation minière et la construction de barrages hydroélectriques transforment davantage ce qu’il reste du territoire traditionnel des Montagnais. Des clubs privés occupent les meilleurs sites de chasse et de pêche sur les rivières à saumons, de sorte que les Montagnais ont difficilement accès aux ressources qui leur assuraient jadis subsistance.
Vers les années 1950, le gouvernement fédéral crée de nouveaux villages: Uashat et Maliotenam, Natashquan, La Romaine, Matimekosh et Mingan. Des Montagnais s’installent aussi à Pakua Shipi, bien que le territoire n’ait pas le statut officiel de réserve indienne. Au cours des dernières décennies, les Montagnais ont récupéré certaines pourvoiries ayant appartenu à de grandes compagnies privées. L’économie des collectivités de Mingan, La Romaine et Natashquan est étroitement liée à la pêche au saumon. Les Montagnais sont conscients du potentiel économique que recèle l’industrie touristique de leur territoire.
Pour en tirer le maximum, les Atikamek et les Montagnais négocient avec les gouvernements fédéral et provincial pour un partage équitable des ressources dont ils avaient jadis la jouissance, et pour un nouveau partage des pouvoirs sur leur territoire ancestral.

Laisser un commentaire